Lettre ouverte aux journalistes
L’art n’intéresserait-il plus, ni les entreprises, ni leur salariés et donc encore moins les journalistes de la presse « entreprise » par effet de ricochet?
Nous avons été interloqués de la réaction de plusieurs agences de relations presse. Nous les avions sollicitées pour nous aider à diffuser notre message de sensibilisation sur la richesse de la rencontre entre les créateurs contemporains et les collaborateurs des entreprises. Et nous avons essuyé un refus quasi unanime. Peur de se planter, conformisme, fatalisme ? L’origine de cette attitude pour le moins consensuelle est un mystère pour nous, peu familiers des RP. Une hypothèse plausible reste la difficulté chronique que posent en France ceux qui ne rentrent pas docilement dans une case bien définie. Parler de l’art contemporain dans les rubriques Management ou Communication, quelle idée ! Pourquoi ne pas rester bien sagement dans les pages Culture ? Pourquoi ne pas s’adresser aux journalistes familiers des vernissages ?
L’un des arguments avancés est que les salariés ne sont préoccupés que par leurs conditions de travail. Et que les journalistes se mettent au diapason des préoccupations de leurs lecteurs. Cela paraît effectivement naturel. Cet argument est apparemment corroboré par quelques études sérieuses récemment publiées, selon lesquelles les lecteurs français sont préoccupés en premier lieu par leur salaire, suivi assez vite par les éléments liés à la charge de travail et par voie de conséquence, à la motivation, qui brille par son absence. La conjoncture est malheureusement passée par là  !
Conjoncture, vous avez dit conjoncture ? Sommes-nous confrontés à une crise, par définition conjoncturelle, ou bien à une mutation profonde et durable de notre modèle économique et social? Dans ce dernier cas, faudra t-il se passer durablement de la culture au sein de l’entreprise, alors que seule la culture peut nous donner le souffle, l’appel d’air nécessaire pour évoluer ? Nous sommes, en effet, profondément convaincus de la pertinence de l’art contemporain dans l’entreprise, SURTOUT en temps de crise et encore plus sûrement dans la perspective de réinventer un modèle plus humain. L’art contemporain ouvre les cerveaux. Par sa présence dans l’entreprise, sa confrontation avec les hommes et les femmes, il prépare à la nouveauté, ouvre les esprits, change les points de vue : un souffle d’air frais pour l’entreprise, dans une compétition internationale ou nationale féroce, cela fait la différence !
Alors, nous entendons déjà les esprits englués de conservatisme et de « réponses toutes faites » nous dire que « cela prend du temps », que « l’entreprise n’a ni le temps, ni les moyens », que « le sujet n’est pas prioritaire », que le bien-être et le bien vivre ensemble des collaborateurs est « une cerise sur le gâteau », bref se débarrasser du sujet. Nous vous épargnerons le chapitre « bateau » sur le thème que des collaborateurs bien dans leur peau, reconnus et valorisés sont plus productifs, travaillent plus et mieux. C’est l’évidence que dans un environnement de travail ergonomique, éthique et responsable. Nous avons des dizaines d’exemples à vous exposer sur notre historique d’agence.
Mais revenons à nos amis les journalistes.
Un sujet de création contemporaine dans un journal d’économie n’ y a-t-il pas toute sa place, autrement qu’en parlant du sujet rabat-joie du mécénat en France ? Le débat d’idées, l’échange pour faire réagir les lecteurs, n’est-il pas aussi une façon de participer à la vie économique ?
Peut-on être un bon manager sans s’intéresser à la culture ? Pas l’exposition à la mode évidemment, mais celle qui donne du sens, qui provoque le point de vue : la création contemporaine pour intéresser, pour rentrer dans les sujets, pour offrir un point de vue décalé.
Voici donc une proposition unique et honnête. Il faudra un peu de courage de votre part; du courage, pas de l’inconscience ! Accueillez-nous dans vos pages entreprises avec :
- Un espace pour écrire un texte et installer une image,
- Un sujet en lien avec votre actualité principale (le développement d’un nouveau moteur, le lancement de l’Ipad, la chute des cours de telle matière première, etc.)
et nous vous offrirons en retour un point de vue original, pertinent, rafraîchissant. C’est une promesse !
Matthieu Jacquillat et Catherine Woreczek
Par Artbis | POINTS DE VUE | 09/04/2010 08h02 | 377 vues | 0 commentaire
Arts Affaires est l'agent exclusif du collectif d'artistes new-yorkais Artbattles en France. (Voir notre
Arts Affaires a l’opportunité d’accompagnerÂ
Catherine Redelsperger Conseil
Inov Agency