Témoignages
Patrick Ricard, Président du Conseil d’administration de Pernod Ricard
De l’essence de l’art
Dès ses débuts, mon père Paul, partant à la conquête de son marché, avait imaginé comment les créateurs de l’époque pouvaient contribuer à embellir et donner un contenu de convivialité à son offre. Il hébergeait même les artistes dans sa propre maison !
Avant même la constitution du Groupe, Pernod aussi était également très imprégnée d’une culture artistique : en faisant réaliser ses affiches publicitaires par des créateurs contemporains, ou encore en confiant l’architecture de sa pyramide inversée à Jean Willerval.
Toutefois, le véritable point de départ de notre mécénat, fut l’acquisition de la célèbre toile de Dali, « La pêche au thon ». A partir de là , tout s’est enchaîné par la création d’une fondation, aujourd’hui, la Fondation Ricard, fer de lance de nos actions culturelles en France et à l’étranger.
Nous avons compris, en précurseurs sûrement, qu’au-delà de la grande ouverture que nous donnait ces créateurs à leur monde, leur racine et leur culture, l’art contemporain a favorisé, de façon profonde, les échanges entre nos équipes et notre réseau, à l’image de nos produits et nos valeurs de convivialité.
Depuis la fusion de Pernod et Ricard, en 1975, nous avons annuellement illustré cette démarche sur les supports de communication et lors de l’Assemblée Générale. Tous les ans, nous avons choisi un créateur contemporain, afin de porter les messages annuels du Groupe : par exemple, Victor Alimpiev sur l’exercice 2009/2010, autour de l’année culturelle franco-russe ; bien d’autres encore, tous issus de pays dans lesquels nous nous investissons particulièrement.
Certaines dates anniversaires ont donné lieu à des œuvres plus emblématiques : de l’art cynétique d’Yvaral en passant par une compression de César jusqu’à l’œuvre réalisée à 4 mains par 4 artistes de nationalités différentes à l’occasion des 30 ans du Groupe.
L’art, sous de nombreuses formes, fait aujourd’hui parti de nos gênes, de nos racines, il en est essentiel.
Patrick Ricard
Denis Hennequin, Président de Mc Donald’s Europe:
« L’exposition « McDo vu par » s’est installée dans la salle des Pas Perdus de la gare St-Lazare du 4 au 17 janvier 1999.
Coup de pub ou coup de pouce à l’art contemporain?
Jouer avec les paradoxes, les différences et les a priori pour surprendre et interpeller.
Interpeller sans cibler et exposer sans « segmenter » une expression artistique habituellement réservée à une élite.
Pari osé et rendu possible grâce à un partenariat inédit entre la SNCF, McDonald’s et des artistes**.
Si « le train ne vaut que s’il est partagé par tous », que dire de l’art et plus particulièrement de l’art contemporain?
Plus de 200 000 personnes traversent chaque jour la salle des Pas Perdus de la gare St Lazare.
Peut-être la rencontre du service public, d’une marque très grand public et du talent d’artistes renommés a-t-elle permis, l’espace d’un moment, de faire que ces pas perdus ne le soient plus complètement.
La gare vécue non plus seulement comme un espace marchand de transit, de stress et d’indifférence mais aussi comme un lieu de réflexion, de culture et de vie…
Cette gare-là , c’est tout ce que j’aime. »
Christel Aguettant, Direction de la communication Groupe Michelin:
« Le concours international « le Bibendum vu par » 100 créateurs a clairement enrichi et rajeuni la perception du logo tout en augmentant la sympathie et la compréhension qu’on peut avoir de lui dans le monde entier. Le patrimoine créé devrait très clairement venir renforcer notre image de visionnaire et de précurseur. »
Françoise Bellanné, Responsable de la communication externe de la RATP:
« Ensemble, nous avons sélectionné divers talents artistiques autour du brief de la mobilité en ville afin de traduire en hors média le positionnement stratégique de la marque ; les plans de poche vivants et colorés ont remporté un franc succès auprès de nos usagers. »
David Abrioux. Communication Groupe Altran:
« L’art contemporain comme vecteur de communication exprime parfaitement nos valeurs : innovation, esprit d’ouverture…Notre rapport annuel illustré par un aristé correspond au positionnement d’Altran.
Il véhicule une image haut de gamme et chaleureuse tout en évitant l’écueil de visuels technologiques souvent très froids…La démarche reste très intéressante pour nous. Elle nous invite à réfléchir à d’autres formes de communication par la création contemporaine. »
Redcats et Pierre Bendine-Boucar
Redcats, groupe de marques-enseignes internationales en mode et décoration (La Redoute, Vertbaudet, Cyrillus, etc.) a choisi de réaliser une carte de vœux papier et électronique avec l’artiste Pierre Bendine-Boucar.
Certains n’osent pas sauter le pas, d’autres sont devenus experts en la matière, comment en êtes-vous venu à opter pour une carte de vœux artistique ?
Une envie de changer ! La carte de voeux est avant tout un vecteur de communication pour l’entreprise : on a eu envie de faire passer un message plus original, plus décalé. Recourir aux talents d’un créateur contemporain marquait la volonté de se démarquer des cartes plus traditionnelles, tout en conservant une dimension humaine.
Et Pierre Bendine-Boucar ?
Il correspond bien à l’image de notre Groupe. C’est un artiste qui se place à l’avant-garde de la scène artistique française, ses oeuvres sont franches, colorées et lumineuses. La création qu’il a réalisée pour nous transmet un message positif et incarne parfaitement l’esprit novateur et la diversité de Redcats.
Cela a-t-il été difficile de réaliser l’oeuvre de commande ?
Le début n’a pas été facile, effectivement, car même si nous aimions le travail de cet artiste, son univers pouvait sembler assez éloigné du notre a priori…. Ses travaux récents et la possibilité d’avoir plusieurs maquettes nous ont permis de trouver notre bonheur, petit à petit. Nous voulions voir apparaitre quelques mots forts de notre univers et, au final, il a parfaitement répondu au cahier des charges.
Redcats fait partie des leaders du e-commerce : comment avez-vous abordé l’idée d’une carte papier ?
Le e-commerce représente effectivement plus de la moitié du chiffre d’affaires de certaines de nos marques, la carte de vÅ“ux électronique s’avérait donc incontournable.
Nous tenions toutefois à développer aussi une version papier, qui nous semble tisser un lien plus concret avec les gens, donner une dimension plus humaine et traditionnelle ; un peu comme nos catalogues qui sont des leviers indispensables pour nos sites web marchands…
Nous avons réalisé les versions papier et électronique avec le même artiste, ce qui nous a fait gagner en cohérence et en budget.
Des retours ?
Beaucoup de retours enthousiasmants, nous étions ravis !
Et le mécénat dans tout cela…
Arts Affaires nous a proposé d’investir dans des Å“uvres de l’artiste et de venir enrichir une collection d’entreprise. Ce n’est pas à l’ordre du jour pour cette année mais nous avons bon espoir de mener cette initiative l’an prochain !
Entretien réalisé par Nathalie Voisine pour Arts Affaires auprès d’Emmanuelle Picard-Deyme, Responsable de communication Groupe.

Arts Affaires est l'agent exclusif du collectif d'artistes new-yorkais Artbattles en France. (Voir notre
Arts Affaires a l’opportunité d’accompagnerÂ
Catherine Redelsperger Conseil
Inov Agency